Chantier 1 — Référentiel des identités
Savoir qui existe et à qui appartient chaque compte.
- Source autoritaire
- Création de l’identité
- Rapprochement identité / comptes
- Propriétaires des comptes
NIS2 / ReCyF — Gestion des identités et des accès
Les 17 mesures de l’objectif de sécurité 10 du ReCyF, avec pour chacune l’attendu, la contribution de l’IAG, l’action à mener, la brique complémentaire lorsqu’elle est nécessaire et les traces disponibles.
Ce document est un support de travail. Il ne constitue ni un audit de conformité ni une attestation de conformité NIS2.
Synthèse
Plusieurs mesures sont satisfaites par les mêmes mécanismes. Voici comment le travail se regroupe.
Savoir qui existe et à qui appartient chaque compte.
Transformer les événements RH en comptes créés, modifiés ou désactivés.
Ne plus attribuer les accès utilisateur par utilisateur.
Encadrer ce qui ne peut pas être déterminé automatiquement.
Vérifier que la réalité correspond encore au modèle.
Les sujets qui ne doivent pas être faussement attribués à l’IAG.
Checklist de travail
L’état de travail est déclaratif : il sert à organiser votre chantier. Il n’indique ni un niveau de conformité, ni un score, ni un résultat de contrôle. Il reste dans votre navigateur.
Disposer de comptes individuels
Chaque compte doit pouvoir être relié sans ambiguïté à une personne ou à un processus. Plusieurs comptes restent possibles, par exemple pour séparer un usage courant d’un usage d’administration.
Créer les identités depuis la source autoritaire et rattacher chaque compte à son propriétaire.
Par quoi commencerRaccorder la source des identités et l’annuaire principal.Étape suivanteÉtendre le rattachement aux applications raccordées.
Annuaire, application cible ou autre système portant effectivement le compte.
Réserver un compte individuel à son titulaire
Un compte nominatif ne doit pas devenir, dans les faits, un compte partagé entre plusieurs personnes.
Maintenir un propriétaire unique par compte et qualifier les comptes dont le propriétaire est inconnu.
Par quoi commencerLister les comptes sans propriétaire connu sur l’annuaire principal.Étape suivanteRemplacer par des comptes individuels les usages partagés non justifiés.
Annuaire, IdP, MFA et politique d’authentification.
Encadrer les comptes partagés
Si plusieurs personnes doivent utiliser le même compte, il faut savoir qui en est responsable, qui est autorisé à l’utiliser et comment retrouver les usages réels.
Recenser les comptes partagés, leur désigner un propriétaire et gouverner la liste des personnes autorisées.
PAM, coffre-fort, journaux de connexion, SIEM ou procédure organisationnelle.
Ne pas créer inutilement de comptes pour l’accès public
Tout accès n’a pas vocation à devenir une identité gouvernée. Consulter une information publique ne justifie pas, à lui seul, la création d’un compte.
Délimiter les identités réellement gouvernées et écarter les accès publics sans compte.
Gouvernance de la ressource et configuration du système qui diffuse l’information.
Désactiver les comptes devenus inutiles
Un départ, une absence prolongée ou la fin d’un service doit produire une action maîtrisée sur les comptes, dans un délai connu, sans dépendre d’une succession de messages manuels.
Déclencher un workflow de désactivation à partir de l’événement de départ, puis contrôler son exécution.
Par quoi commencerConnecter la source qui connaît les départs et l’annuaire principal.Étape suivanteÉtendre le déprovisioning aux applications prioritaires.
SIRH ou référentiel fiable, annuaires et applications cibles, connecteurs ou procédure manuelle définie.
Revoir les comptes au moins annuellement
Il faut régulièrement comparer les comptes qui existent vraiment avec les personnes, processus et usages qui devraient encore les justifier.
Réconcilier les comptes observés avec les identités connues et traiter les anomalies détectées.
Par quoi commencerRapprocher les comptes de l’annuaire avec les identités connues.Étape suivanteÉtendre la réconciliation aux applications.
Responsables des comptes et systèmes cibles pour appliquer les corrections qui ne peuvent pas être provisionnées automatiquement.
Protéger l’accès par authentification
Avant d’accéder à une ressource, une personne ou un processus doit prouver son identité avec un mécanisme prévu à cet effet.
Garantir que chaque compte gouverné est rattaché à une identité ; l’authentification reste portée par l’annuaire ou l’IdP.
Annuaire, IdP, MFA ou mécanisme d’authentification de la ressource.
Changer les secrets configurés par défaut
Un mot de passe ou autre secret livré avec un équipement ou une application ne doit pas rester celui d’origine quand la ressource entre en service.
Traiter le changement des secrets par défaut au niveau de la ressource, de l’annuaire ou du PAM.
Ressource cible, annuaire ou PAM chargé de modifier et protéger le secret.
Renouveler le secret d’un compte partagé après le retrait d’un utilisateur
Retirer une personne de la liste ne suffit pas si elle connaît encore le secret commun : ce secret doit être changé.
Retirer l’autorisation au compte partagé lors d’un départ, puis demander la rotation du secret à la brique qui le détient.
PAM, coffre-fort ou système cible capable d’effectuer la rotation.
Ne rendre le secret accessible qu’aux personnes autorisées
La liste des personnes autorisées doit être maîtrisée, et le secret ne doit être remis qu’à cette population.
Tenir à jour la liste des personnes autorisées par demande et validation ; laisser la remise du secret au coffre-fort ou au PAM.
PAM ou coffre-fort pour le stockage, la protection et la remise du secret.
Respecter les recommandations relatives aux facteurs d’authentification
Les mots de passe et autres facteurs doivent être assez robustes et renouvelés selon les règles adaptées au système concerné.
Porter les exigences sur les facteurs d’authentification dans l’annuaire, l’IdP ou la politique d’authentification.
IdP, annuaire, MFA et système cible.
Traiter le cas exceptionnel d’un secret fixe
Si un secret doit exceptionnellement rester fixe, l’accès à la ressource doit être fortement limité et protégé par d’autres moyens.
Restreindre strictement les personnes autorisées sur la ressource concernée et tracer chaque autorisation.
Ressource cible, réseau, PAM, coffre-fort ou autre dispositif de sécurité adapté.
Tracer les accès dans ce cas d’exception
Pour une ressource protégée par un secret qui ne peut pas changer, il faut pouvoir retrouver les connexions et usages effectifs.
Conserver la trace des décisions d’autorisation ; mettre en place la journalisation technique des accès sur la ressource ou le SIEM.
Ressource cible, PAM, dispositif de journalisation et SIEM.
N’attribuer des droits qu’à des utilisateurs ou processus authentifiés
Un droit ne doit pas être accordé à un bénéficiaire inconnu : il doit être relié à une identité, à un compte gouverné et à un mécanisme d’authentification.
Rattacher chaque droit gouverné à une identité et à un compte connu.
IdP, annuaire ou ressource cible assurant l’authentification.
Limiter les droits aux seules ressources nécessaires
Quand on regarde une personne ou un processus, il ne doit posséder que les accès utiles à son activité actuelle — ni davantage au départ, ni des droits accumulés avec le temps.
Attribuer les droits par rôles et groupes, recalculer le modèle attendu à chaque changement et retirer ce qui n’est plus justifié.
Par quoi commencerDéfinir quelques profils ou rôles sur un périmètre métier limité.Étape suivanteÉtendre progressivement le modèle et traiter les exceptions par workflow.
Source RH à jour, responsables métiers, propriétaires d’applications et systèmes cibles.
N’autoriser sur une ressource que les personnes qui en ont besoin
Quand on part d’une application ou d’un droit donné, la liste de ses détenteurs doit correspondre à une population métier justifiée.
Partir de la ressource : définir les populations autorisées, comparer aux détenteurs réels et corriger les écarts.
Par quoi commencerDéfinir quelques profils ou rôles sur un périmètre métier limité.Étape suivanteÉtendre progressivement le modèle et traiter les exceptions par workflow.
Propriétaire de la ressource, responsables métiers et système cible.
Revoir les droits au moins annuellement
Il faut régulièrement comparer les besoins théoriques, alimentés notamment par les processus RH, avec les accès réellement détenus, puis appliquer les décisions prises.
Lancer une campagne de certification, recueillir les décisions, appliquer les révocations et contrôler leur exécution.
Par quoi commencerFaire une première campagne sur une application ou une population clairement délimitée.Étape suivanteÉtendre les campagnes et automatiser davantage les révocations.
Processus RH, responsables métiers, propriétaires d’applications et systèmes cibles.
Mon plan d’action
Marquez une mesure « à mettre en place » ou « en cours » dans la checklist : les modes d’emploi correspondants apparaîtront ici.
Ce qu’il faut mettre en place
Votre chantier de gestion des identités peut se structurer autour de sept éléments, sans imposer un produit ou une architecture particulière.
Pour savoir qui arrive, change de rôle et quitte l’organisation.
Pour transformer ces événements en création, modification ou désactivation de comptes.
Pour ne plus attribuer les accès uniquement utilisateur par utilisateur.
Pour encadrer ce qui ne peut pas être déterminé automatiquement.
Pour détecter les comptes et droits qui ne correspondent plus au modèle.
Pour réexaminer comptes et droits et appliquer les corrections.
Pour l’authentification, les secrets privilégiés et la journalisation technique.
Sources
ANSSI — Référentiel de Cybersécurité France (ReCyF), version 2.5 du 17 mars 2026 — objectif de sécurité 10.
ANSSI — ReCyF en pratique, Gestion des identités, version 1.0, septembre 2026. Ressource pédagogique : elle éclaire les pratiques de mise en œuvre et ne remplace pas le référentiel.
Les actions, workflows et traces décrits dans cette feuille de route sont notre traduction technique à partir des capacités d’un outil de gouvernance des identités. Ils ne constituent ni une exigence ni une recommandation de l’ANSSI.
Passer du guide à un premier cas d’usage
Partons d’un cas simple — arrivées, départs, comptes ou revues de droits — et définissons la source, le processus et les premières applications à intégrer.